Les violences basées sur le genre, un fléau social
Parmi
les facteurs de développements des sociétés en général et la société burundaise
en particulier, le bien-être familial est on ne peut plus très important. Très
souvent, parler du développement d’un pays équivaut aux billets bancaires, les
importations et les exportations. Par conséquent, nous faisons fi d’un aspect
très capital, non négligeable qu’est le bien-être familial.
Les
violences conjugales, au Burundi, ne sont plus un secret ou un tabou. C’est
comme quand la maison est embrasée par un feu ardent, on ne peut en aucun cas
cacher la fumée. Et la mayonnaise peine à pénétrer, à en croire les
statistiques de l’ABUBEF (Association Burundaise pour le Bien Être Familial),
une ONG locale. Pour lever toute équivoque, en parlant des violences
conjugales, je fais allusion non seulement aux violences faites aux hommes mais
aussi aux violences exercées à l’encontre des femmes. Mais, les violences
faites aux femmes, me semble-t-il, prennent une allure inquiétante que si on
n’agit pas pour les éradiquer dans les plus brefs délais, on se retrouvera avec
beaucoup d’autres questions sociétales plus grave.
En
sus, ce n’est pas que les femmes qui se font sauter violemment par les
sadiques, les adolescentes et les plus petites filles également. Souvent, ce
sont des civils et parfois des agents de l’ordre qui sont censés les protéger.
Quelle
serait la souche de ces violences ?
A
mon humble avis, les justifications avancées par les violeurs ne sont pas
fondées. Ces justifications formulées laissent entendre que les femmes et les
petites filles dans la chaleur de l’âge ne s’habillent pas correctement. Ces
dernières sont accusées de porter un accoutrement moulant et suggestif qui
laisse entrevoir la situation géographique de leurs parties intimes. Mais, à ce
niveau ci, des questions titillent mon esprit. Y a-t-il un habillement commun
aux femmes ou aux filles qui peut calmer l’appétit sexuel des hommes ? Or
les hommes, n’ont-ils pas la capacité de se retenir ou de s’abstenir devant une
femme ou une fille qui, sans aucune intention de s’exhiber ou de faire tourner
les têtes des hommes, porte des habits décontractés et se balade tranquillement ?
Personnellement, la raison avancée par les hommes comme moi n’est pas du tout
fondée.
Et
si cette raison est bien fondée, que peut-on dire à propos de « petits
hommes » qui violent des gamines de 3 ans ou une année de naissance ?
Auraient-ils trouvé une certaine attirance sur le physique ou l’accoutrement de
ces innocentes ? Je suis totalement convaincu que le problème est
ailleurs. Du jour au jour, la vie des innocentes est fauchée, sacrifiée sur
l’autel de la libido masculine. Cet état des choses laisse les familles dans la
détresse inouïe et la peur de revoir les violeurs revenir commettre les mêmes
actes ignobles. Cependant, il y a une autre forme de violence qui s’observe en
ces derniers jours dans les couples. Certains cas de violences conjugales sortent
à la lumière du monde extérieur et d’autres sont tapis dans l’ombre de la
culture qui, depuis belles lurettes, a encouragé la fille ou la femme de
souffrir dans la résilience totale sans dénoncer le calvaire qu’elle endure
dans sa vie conjugale. Conséquemment, les cas de violences qui s’offrent aux
yeux et aux oreilles de la population se révèlent être le débordement de la
vase. Les femmes sont violées, trucidées à l’aide d’armes blanches.
Elles
sont forcées de mettre au monde des bébés qu’elles ne seront même pas en mesure
d’élever et d’inculquer une éducation solide de base. A peine elles trouvent la
quiétude dans leurs foyers, c’est le tour de leurs petites filles d’être violées.
Des fois, je me dis qu’au Burundi, les femmes de tout âge ne sont pas
protégées. Les auteurs de ces violences sont appréhendés par la police et
coffrés par la suite. Mais, à la grande surprise de tout le monde, ils sont
relâchés après quelques jours d’emprisonnement. Ceci crée une situation
d’inquiétude, la pétoche de revoir l’auteur du viol venir se bomber le thorax
et se moquer de la famille éprouvée de n’avoir rien fait en le dénonçant.
Les
autorités compétentes dans tout ça…….
Comme
un citoyen ordinaire, je me rends compte petit à petit que nos autorités ne se
soucient plus de la vie de ceux qui les ont élus. Pour ce cas précis qu’est la
violence basée sur le genre qui, par la grande majorité, touche beaucoup plus
les femmes que les hommes, je me demande quel est le rôle joué par les femmes
(parlementaires ou sénatrices). Elles occupent les postes de prise de décision
grâce à des voix de ces femmes tuées et dont leur gagne-pain quotidien n’est que
l’agriculture et l’élevage. Elles devraient être redevables à l’égard de toutes
les femmes burundaises en criant haut et fort afin d’éradiquer ces agissements
inhumains des hommes. Je trouve que la voix des citoyens en général et des
femmes en particulier compte beaucoup plus au moment de battre la campagne et
pendant les élections où on nous promet monts et merveilles.
Ces femmes élues du peuple réagissent quand les gens derrière les réseaux sociaux expriment leur ras-le-bol à cause du silence qui, durant une certaine période, semble être complice. Dernièrement, une petite fille de 5 ans du nom de Kelsey, dont la maman exerce un travail rizicole, a été violée jusqu’à perdre sa vie. C’était un choc, la douleur inouïe était palpable chez la maman de voir le cadavre de sa fille morte après avoir été violée, alors qu’elle l’avait laissée à la maison en bonne santé très tôt le matin en se rendant à son occupation quotidienne. Devant cette situation, même les hommes sont restés coi. Aucun homme ne pouvait ouvrir sa bouche en accusant la petite gamine de se balader nue ou d’avoir attirée les hommes. L’indignation était totale.
Sur le réseau
social X (ex Twitter), en voyant comment les autorités brillaient par leur
réticence de pouvoir exprimer, au bas mot, un message de condoléance à l’égard
de cette famille meurtrie dans l’âme à cause de leur fille partir dans la
petite enfance, quelques utilisateurs de ce réseau social, moi y compris, avons
commencé une campagne de demander la justice à Kelsey. C’est à ce moment-là que
le compte X du Ministère de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des
Droits de la Personne Humaine et du Genre a adressé un message de condoléance
et de condamnation de l’acte ignoble commis à l’endroit de la petite Kelsey.
Cependant, quelques femmes activistes ont eu une idée de génie d’organiser le gofundme
afin de venir en aide à la famille éprouvée. Mais pas que. Il y avait d’autres personnes qui avaient été
choquées par le trépas de la fille qui ont décidées d’ouvrir une boutique à la
maman de Kelsey et lui construire une maison décente. C’était une consolation
pour la maman, un moment de témoigner avec ses propres yeux l’amour, du
partage, la solidarité.
Quelques jours après, la délégation du Ministère
de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la personne
Humaine et du Genre a rendu visite à la maman avec quelques vivres en guise de
manifester leur soutien à l’endroit de la famille de la défunte.
Malheureusement, au moment où j’écris ce petit texte, la justice n’a jamais
fait comparaitre le bourreau de Kelsey malgré que nous continuions à réclamer
du jour au jour sa justice. Ce qui est connu jusque-là, c’est que le criminel
est derrière les barreaux. Mais, à nos yeux, cela n’est pas suffisant, vu le
fonctionnement de l’appareil judiciaire de notre pays.
Conséquences
des violences basées sur le genre
Personne
ne profite des violences basées sur le genre. Au lieu d’améliorer le quotidien
des familles, elles le sabotent. L’homme et la femme ont été fait pour être
complémentaire. Personne n’est au-dessus de l’autre. Et le développement de la
famille est profitable à tout le monde, hommes comme femmes. Nous aimons dire
dans notre pays que le foyer est à deux. Si, toute honte bue, le mari décide de
s’ôter de son humanité et tuer sa moitié, cet acte ne sera pas sans
conséquences. Elles pleuvent comme la pluie. Est-ce que l’homme sera-t-il
capable de faire grandir ses progénitures seul en leur inculquant une bonne
éducation et pourvoir à tous leurs besoins ?
Très souvent, quand un homme décide d’assassiner sa propre femme, c’est qu’il a une concubine quelque part. Par conséquent, les enfants en paient les frais. Ils seront laissés pour compte sans aucune aide de la part de leur géniteur, désormais occupé par sa concubine. Pour survivre, les enfants engagent les rues pour faire manche aux âmes charitables, ce qui est un autre problème sociétal au Burundi. Dieu seul sait combien ces enfants souffrent énormément. Ils s’adonnent à la consommation de l’alcool dont la dose n'est pas proportionnelle à leur âge. Ils violent et volent les passants. Du moins, des gens qui créent la terreur partout où elles passent. Jusque-là, le gouvernement burundais n’a jamais trouvé une solution afin de dégager les enfants de la rue, car, en fait, ce n’est pas leur place. Mais, tout de même, je dois souligner que ce n’est pas seulement les VBG (Violences Basées sur le Genre) qui sont la souche du phénomène des enfants de la rue. C’est l’une des principales causes.
Pour le
cas d’une fillette violée, les conséquences n’en manquent pas aussi. Après le
viol de la petite Kelsey, j’ai lu un témoignage sur X d’une maman qui, avant
d’aller au boulot, avait confié sa petite fille aux voisins de peur qu’elle
puisse la trouver violée ou morte de son retour du travail. Avec la
recrudescence des viols sur les petites filles, il y a risque que la phobie des
hommes de sexe masculin se généralise dans la conscience collective des femmes,
tellement que si on croise une personne de sexe masculin, l’on voit en elle un
potentiel prédateur sexuel, alors que tous les gens de sexe masculin ne sont
pas ainsi.
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